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Oui la sobriété peut être heureuse

Sobriété....ce mot a envahi notre quotidien depuis la rentrée. Répétée en boucle presque comme un mantra, surtout quand il s'agit d'énergie, et principalement électrique.

A force ce mot résonne dans nos esprits et semble angoisser une grande majorité de mes concitoyens. La sobriété semble vécue comme une perte de quelque chose, de qualité de vie, une frustration permanente.

Pourtant, pour moi ce mot a un écho positif. Tout d'abord parce que côté consommation d'alcool j'avoue toujours avoir été assez sobre (on me le reproche d'ailleurs parfois), mais surtout parce que ce mot fait écho à ma vie d'aujourd'hui, à ma transition intérieure. A mon mode de vie plus sobre sur le plan consommation, mais tellement plus riche en expériences de vie, en bonheurs et en bien être.

J'ai donc décidé de mieux comprendre pourquoi ce mot a si mauvaise presse chez beaucoup, alors que de mon côté je le trouve si sexy!

La sobriété qu'est-ce que c'est?

Avant de me lancer dans une quelconque analyse, j'ai voulu revenir aux fondamentaux. Et dans ce cas, quoi de mieux qu'une définition de dictionnaire pour (re) mettre tout le monde d'accord?

Selon notre bon vieux dictionnaire (oui car je fais partie de ces ancêtres qui ont encore un dico en papier à la maison....daté des années 1990 en plus....le siècle d'avant comme dirait mes filles!!), la sobriété est un nom féminin qui signifie "Comportement de quelqu'un, d'un animal qui est sobre" (c'est à dire qui mange ou boit avec modération ou bien qui montre de la mesure, de la réserve en quelque chose)

En deuxième définition on trouve "Qualité de quelqu'un qui se comporte avec retenue" et enfin "Qualité de ce qui se caractérise par une absence d'ornements superflus".

Si l'on fait une petite liste de synonymes on trouve : frugalité, tempérance, discrétion, retenue, tact, dépouillement, simplicité.

Je préfère tout de suite répondre à l'objection suivante "oui mais du coup ton dictionnaire, c'est une relique, les définitions ont dû évoluer depuis tout ce temps".... et bien NON. Les 3 définitions du mot sobriété sont toujours les mêmes! Si vous ne me croyez pas, vérifiez par vous même!

Bon alors je récapitule, être sobre c'est rester plutôt modéré, sans excès voire sans fioritures.

Et là, j'avoue mes neurones sont perdus!

 

 

 

 

 

 

Oui mes petits neurones ne suivent plus car pour moi les définitions que je lis au mot sobriété n'ont rien de négatif! Être tempéré et sans excès c'est plutôt positif de mon point de vue, non? Pourtant je ne suis pas forcément d'un tempérament toujours modéré, alors pourquoi?

Pourquoi l'absence d'excès est-elle vue comme une privation?

That is the QUESTION.....

 

A ce moment, subitement je me dis "N'y aurait-il pas là un lien avec notre joyeuse société de consommation hyper débridée? "

Notre cerveau n'aurait-il pas été modifié pour que la norme soit l'excès et la sobriété vue comme une privation?

Évidemment si vous me lisez un peu vous saurez vite que j'ai une petite idée de la réponse à cette question.

Conditionnés pour l'excès

Vous l'avez peut être remarqué aussi, aujourd'hui nos politiques et nos grands patrons (et nous même in fine) ne jurent que par la croissance. Que signifie croissance si ce n'est "toujours plus"?

Or, nous autres humains croissons puis une fois notre "taille adulte" atteinte, nous cessons de croitre. De même notre planète ne croit pas. Au mieux elle se régénère... ce qui n'est pas le cas du corps humain. (j'en veux pour preuve l'intervention de Timothée Parrique sur France Inter samedi 22/10)

Alors, si l'on a bien compris la nécessaire croissance pour assurer à chacun (ce qui n'est d'ailleurs pas le cas d'une grande partie de l'Humanité) que ses besoins primaires soient assurés, nous n'en sommes plus là dans notre partie du monde. Nous sommes dans une situation d'excès, de surconsommation, de surproduction et in fine de gaspillage.

A titre d'exemple: 100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde (cf. le guide de résistance à la fast fashion édité par Zero Waste). Depuis 1996, la quantité de vêtements achetés dans l’Union européenne par personne a augmenté de 40 % : les Européen·nes consomment près de 26 kg de textiles par an et en jettent environ 11 kg!

Tout nous pousse au toujours plus: un nouveau smartphone sort, il nous le faut! Un nouveau robot électroménager (dont nous n'avons pas forcément besoin) est créé, on veut l'acheter. On nous propose des lots alimentaires qu'on achète (en pensant faire des économies) et qui finissent à la poubelle! Alors qu'elle ne sert à plein que pendant les vacances, on achète une grosse voiture qui est utilisée à vide ou presque 95% du temps!

Et in fine, on se plaint d'avoir une maison trop encombrée, de jeter, de ne pas "savoir quoi se mettre" etc. Bref, ce n'est pas cela qui nous rend fondamentalement heureux.

MAIS....c'est ce qu'on nous fait croire à grand coup de publicités toutes plus belles les unes que les autres.

Alors, comment sortir de ce cercle vicieux tourné vers l'excès?

Pour être sortie de ce cercle du toujours plus et en même temps de la frustration permanente, je vais essayer de vous partager quelques pistes qui m'ont permis d'aller vers la sobriété choisie.

Quand sobriété rime avec félicité

Cela fait quelques temps maintenant que j'ai à cœur de transmettre le message selon lequel la sobriété n'est pas synonyme de privation, de perte mais bel et bien de félicité, de prospérité, de bonheurs tout simplement. J'ai bien conscience de la difficulté de cette tâche dans notre environnement quotidien où tout est fait pour générer de nouvelles envies et donc de nouvelles frustrations.

Pourtant on peut se détacher de ce monde de consommation effréné, on peut décider de renoncer à un certain type d'achats, de voyages et en être parfaitement heureux. Cela nécessite en premier de faire une analyse de ses besoins, et d'être au clair avec eux.

Être au clair avec ses besoins

Une première piste, qui est selon moi très importante, c'est d'être au clair avec ses besoins. J'entends par là ses VRAIS besoins (c'est à dire pas ses envies) et aussi pas ses besoins primaires, tels que détaillés par Abraham MASLOW. 

Essayez par exemple de vous rappeler ce qui vous a le plus manqué pendant que nous étions tous confinés chez nous pendant presque 2 mois: est-ce vraiment le fait de ne pas pouvoir vous acheter 10 nouveaux t-shirt, était-ce vraiment le fait de ne pas aller passer un weekend à Dubrovnik ou 3 jours en Crète ? Pour la très grande majorité d'entre nous, le plus difficile à vivre a été l'absence d'interractions, de relations sociales.

S'interroger sur ses besoins, cela nécessite de se poser pour de vrai. De stopper la course folle dans laquelle on se laisse vite emporter, pensant d'ailleurs qu'on y est obligé. Faire une pause, s'arrêter et s'interroger sur ce qui compte le plus pour nous dans la vie.

Une fois qu'on a réussi cet exercice, il devient par exemple plus naturel d'utiliser la méthode BISOU  avant de se lancer dans un nouvel achat, il devient plus facile de refuser de faire certaines choses.

Cette pause salutaire permet enfin d'être au clair sur ce qui nous est essentiel et le distinguer de ce qui reste accessoire. Mais cela ne suffit pas je crois. Il faut aussi accepter de changer sa façon de voir les changements.

Changer d'angle de vue

Je le mentionnais déjà dans mon article Ecolo au bureau: bien souvent on voit un changement comme une perte plutôt qu'un gain.

Or, mon expérience m'a appris que moins d'achats, ne rime pas avec privation, mais au contraire m'ont fait gagné en qualité de vie. Je ne ressens plus de privation à l'idée de ne pas avoir le dernier smartphone avec X caméras pour faire des photos en ralenti/ accéléré tout ça....(à quoi cela me servirait?).

Je profite pleinement du temps, que je ne tue plus dans les boutiques à chaque "coup de mou au moral", en lisant, en méditant, en cuisinant. J'ai gagné du temps de vie, et ce temps est de bien meilleure qualité. De même renoncer à prendre ma voiture pour partir en vacances me fait gagner du temps de lecture, de repos (car oui quand je conduis, il m'est difficile de dormir 🤣), du temps de réflexion (mon esprit à une tendance à la divagation lorsque je contemple les paysages qui défilent derrière les vitres du train). J'ai réappris à apprécier des bonheurs simples tels qu'écouter les oiseaux (et stopper mon activité quelques minutes pour cela), apprécier la beauté des couleurs du ciel, sourire en voyant des personnes rirent dans la rue, sourire à une inconnue....

J'ai bien conscience que cela nécessite un vrai travail de "reconditionnement intellectuel", car en tant que Français il me semble que nous avons un penchant naturel pour la râlerie et la négativité!

Alors par exemple posez vous la question de ce que vous gagneriez à ne plus prendre votre voiture pour de petits trajets (ex. pour aller à la boulangerie, pour déposer les enfants à l'école etc.)?

De même qu'avez vous à gagner à acheter moins de vêtements, biens de consommation?

Peut-être suis-je d'un naturel optimiste, mais en tout cas, m'interroger sans cesse sur ce que je gagne plutôt que ne retenir que ce que je perds me fait me sentir beaucoup mieux dans ma vie. Alors n'hésitez pas à essayer!

Mais pour être prêt à tout cela, je crois fermement aussi à la nécessité de comprendre les enjeux. 

Une prise de conscience indispensable

A mes yeux l'étape qu'il ne faut pas négliger c'est celle de la prise de conscience.

Sans savoir on ne peut pas agir.

Or il y a urgence à connaître les enjeux, les comprendre, les intégrer : beaucoup découvrent cette année que le changement climatique est déjà là et qu'il n'y aura pas de "retour à la normale". On s'étonne encore de ce mois d'octobre estival et sans eau, de cette douceur qui dure.... Pourtant les scientifiques annoncent depuis longtemps que cela va arriver!

Et encore trop peu de personnes ont conscience que chacun de nous peut (et doit) faire quelque chose....or il y a urgence, car chaque jour et chaque année perdus à ne pas changer rendra encore plus dure la vie des humains que nous sommes mais surtout de ceux qui nous suivent et suivront. 

Il faut donc que nous soyons de plus en plus nombreux à prendre conscience de l'urgence à agir. Pour cela de nombreux outils existent, tels que :

- les fresques : la Fresque du Climat, la Fresque des déchets, la fresque du numérique

- les lectures. Certaines sont très faciles d'accès, d'autres moins, mais toutes présentent l'intérêt de faire prendre conscience de la réalité. Quelques exemples (il y en a plein d'autres): la bande dessinée Le monde sans fin, le livre vulgarisant les rapports du Giec Tout comprendre (ou presque) sur le climat , ou encore les livres de Pablo Servigne (Comment tout peut s'effrondrer et Une autre fin du monde est possible)

- les podcasts, ou émissions de radio: ma préférée "La Terre au carré" sur France Inter, avec Camille Crosnier  ou encore The Big Shift...

Bref, il y a une multitude de façon de prendre conscience et d'avoir ensuite envie d'agir!

A vous de trouver la vôtre 😉

 

 

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À propos
Céline

Jeune quarantenaire et bordelaise depuis 15 ans maintenant, j'ai progressivement modifié mon mode de vie pour aller vers une sobriété plus heureuse! Ma devise est devenue "La vie ce n’est pas avoir et obtenir c’est être et devenir"! Je souhaite partager des astuces pour orienter sa consommation, changer ses habitudes et bien le vivre!
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